Le burnout dans les OBNL : un enjeu organisationnel, pas qu'individuel
- Violaine Des Rosiers
- 21 mars
- 2 min de lecture

Depuis plusieurs années, le burnout est souvent présenté comme un problème individuel : une personne trop stressée, trop investie, qui n’arrive plus à faire face. On parle de résilience, de gestion du stress, de méditation, d’équilibre travail-vie personnelle.
Mais dans les organisations à mission sociale, cette lecture est largement insuffisante. Le burnout, dans les OBNL et les organisations philanthropiques, est très rarement un problème individuel. C’est le plus souvent un problème organisationnel et systémique.
Les équipes travaillent avec des ressources limitées, dans des contextes complexes, avec des besoins sur le terrain qui dépassent largement les capacités de l’organisation. Elles sont confrontées à la souffrance humaine, à l’urgence, à des décisions difficiles, à des arbitrages constants entre ce qu’elles voudraient faire et ce qu’elles peuvent réellement faire.
À cela s’ajoute une culture très présente dans le secteur : la culture de la mission. Les personnes qui travaillent dans les OBNL ne sont pas là par hasard. Elles sont engagées, elles veulent faire une différence, elles croient en la mission. Et c’est souvent cette motivation profonde qui devient un facteur de risque. Parce que quand le travail a du sens, il devient plus difficile de mettre des limites. On accepte de travailler le soir, les fins de semaine, de faire plus avec moins, de rester malgré la fatigue, parce que la cause est importante.
Progressivement, l’épuisement s’installe. Pas parce que les personnes ne sont pas résilientes, mais parce que le système dans lequel elles travaillent n’est pas soutenable. C’est pour cela que de plus en plus de chercheurs et d’experts en santé au travail parlent aujourd’hui de risques psychosociaux : surcharge de travail, manque de contrôle, manque de reconnaissance, conflits de valeurs, charge émotionnelle, manque de soutien. Ce sont ces facteurs organisationnels, beaucoup plus que les caractéristiques individuelles, qui expliquent l’épuisement professionnel.
Si le problème est organisationnel, alors la solution doit l’être aussi.
La question n’est donc plus seulement : comment aider les employés à mieux gérer leur stress?La question devient : comment créer des organisations qui n’épuisent pas les gens qui y travaillent? La santé mentale n’est plus seulement une question de bien-être individuel, c’est une question de capacité organisationnelle, de gestion des risques et de pérennité de la mission. Une organisation peut avoir une mission essentielle, une bonne stratégie, des équipes compétentes et du financement. Si les équipes sont épuisées et quittent l’organisation, la mission devient beaucoup plus difficile à réaliser.
Prendre soin de la santé mentale au travail, dans les organisations à mission sociale, ce n’est donc pas s’éloigner de la mission. C’est protéger la capacité de réaliser la mission dans la durée. Visitez notre section sur les formations en santé mentale en milieu de travail pour en savoir plus.


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